Du mauvais usage du principe de précaution

Sur le littoral charentais et vendéen, l’administration abuse-t-elle du principe de précaution ? Ou bien, au contraire, l’a-t-elle trop négligé auparavant ? Bernard Rousseau, de France nature environnement, dénonce la soumission aux appétits économiques.

Claude-Marie Vadrot  • 22 avril 2010 abonné·es
Du mauvais usage du principe de précaution
© PHOTO : PERRY/AFP

En 2005, un riverain de l’île de Ré, dont la maison des Portes-en-Ré se trouve au-dessous du niveau de la mer, a fait raboter lui-même la digue qui protège son quartier de La Patache, où s’alignent de superbes villas. Raison avancée : « L’ouvrage de protection nous empêche de voir la mer. » Le tribunal administratif donna raison à ce personnage au bras long. Dans la nuit du 27 au 28 février, la digue contestée a cédé, et, comme d’autres, il s’est retrouvé avec plus d’un mètre d’eau dans sa demeure. Cette petite histoire illustre parfaitement la schizophrénie d’un certain nombre de résidents, secondaires ou principaux, des zones sinistrées : vivre au plus près de la mer tout en exigeant d’en être protégés. Et les maires qui – pour reprendre un titre de la presse locale – « refusent d’obéir » aux décisions gouvernementales de destruction sont souvent proches des milieux immobiliers. Ceux-là

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