La chasse aux rumeurs odieuses: il n’y a rien entre Rachida Dati, Carla et moi

Claude-Marie Vadrot  • 9 avril 2010
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Pour une fois, le jeu de société du « qui couche avec qui » a largement débordé des fausses informations de la presse people et des vraies conversations des étroits cercles parisiens au sein desquels ce genre de commentaires anime les dîners qui deviennent languissants une fois épuisées les joies des discussions affolées sur la menace (virtuelle) de la disparition du bouclier fiscal ou d’une renforcement de l’impôt sur la fortune, sur les charmes de Saint-Bart’, sur les joies particulières d’un exil à Bruxelles ou sur les émois juvéniles de François Baroin qui ne sait pas trop s’il bande à cause de son nouveau job de ministre du budget ou de sa romance officielle avec Michèle Laroque, comédienne dont l’un des grands faits d’armes passés est d’avoir officiellement soutenu l’intervention des troupes américaines en Irak. C’est nettement moins glamour que la précédente de Baroin, Marie Drucker.

Sujets futiles ? Tout cela et tout le reste que je vous épargnerai au moins en partie ? Sujets destinés à masquer la situation politique et économique ? Même pas. Et, de toutes les façons, je vais mesurer par le nombre des visites si les mines dégoûtées des uns et des autres ne masquent pas un secret intérêt pour les moeurs (évidemment) dissolues d’un IVème Empire dont Christian Blanc et Roland Castro seraient les barons Haussmann. Avec un président papillonnant et convulsif qui fait semblant d’être incapable de tenir ses troupes alors qu’une rumeur voudrait que, comme Mao et sa période des cents fleurs en 1957, il laisse ses légionnaires s’ébrouer librement pour mieux férocement réprimer ensuite. Mais revenons aux nouvelles essentielles des quinze derniers jours, ces informations que l’on nous cache alors que la presse étrangère en fait ses grands titres. Je ne résiste pas à l’appel de mon devoir de journaliste : le peuple a droit à la vérité. Même toute nue. Mais non, je n’ai pas l’intention d’évoquer le retour de Dorothée dans l’actualité !

Donc, Rachida Dati, si j’ai bien compris, a démenti ne pas s’intéresser le moins du monde à la politique européenne. C’est pas ça ? J’ai glané la mauvaise rumeur ? Je change de site-conneries sur internet : alors elle a simplement nié que sa progéniture, Zhora, soit la fille cachée du président ? Bon, je crois que, peut-être, je me trompe de président ; ou de fille. Mais si vous saviez ce que l’on raconte en ville, vous me pardonneriez la confusion. Et les choses changent si vite que je ne sais même plus qui est l’amant de Ségolène et la maîtresse de François. Mais, bon, tout-ce-la-ne-nous-re-gar-de-pas ! Enfin…pas vraiment.

En fait, madame Dati a tout simplement raconté, si j’ai bien suivi, que contrairement à ce que colporte la rumeur parisienne, elle est toujours « ### très écoutée » par le président. Quant à son conseiller personnel, Pierre Charron, je crois qu’il a expliqué que les rumeurs sur la « love affaire » entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin avaient été systématiquement propagés par des banquiers internationaux et des brokers de bourse, désireux de déstabiliser le gouvernement grec. Logique et cela a fait plaisir aux grévistes de la SNCF quand ils l’on appris, ça les a changé de leur train-train cégétiste. Quant à la rumeur sur la vengeance de Carla Bruni qui aurait tenté (réussi à ?) de séduire Dominique Strauss-Kahn pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle au nom des socialistes, elle est évidemment invérifiable, le seul commentaire, sur le ton de la confidence, de la première dame recueillie à Europe 1 semblant être « ### quelqu’un m’a dit, que le temps qui glisse est un salaud ».

Quoi d’autre dans ma besace à rumeurs ? Et bien, par exemple, que Rachida Dati n’a jamais pardonné à Carla de s’être fait piquer la place de première dame qu’elle tenait avec pas mal de panache dans les premiers déplacements internationaux du Président. En plus, elle ne chantait pas, ce qui ne pouvait que faciliter les relations avec les puissances étrangères honorées de la visite sarkozienne.

Pour ce qui concerne la rumeur qui circule avec insistance sur un Claude Allègre qui serait devenu fou le jour où Nicolas lui a fait savoir qu’il ne serait jamais ministre… à chacun de juger. Mais ce n’est qu’une rumeur de plus. Comme celle qui assure que Jean-Louis Borloo, dont on n’entend plus parler depuis des semaines depuis qu’il s’est fait taxer sa taxe, s’est en fait retiré dans un manoir du Bordelais pour suivre une cure de désintoxication du… tabac. Il aurait été rejoint par Alain Juppé venu en vélo. Et il faut tenir pour une allusion odieuse la rumeur selon laquelle José Bové se serait profondément endormi dans un bureau du parlement européen en compagnie de ses amis fumeurs de pipe auxquels il accorde régulièrement l’asile en bravant le règlement intérieur.

Une petite dernière côté sexe : la relation amoureuse torride qu’entretiendrait Guy Carlier et la marchande de poisson, Nadine Morano, qui est secrétaire d’Etat à la famille et aux solidarités. Cette rumeur là, elle est vraiment trop grosse et malgré la parution d’un livre hagiographique sur la dame écrit par le monsieur en question, je n’y crois pas le moins du monde. Beaucoup moins crédible que celle qui affirme que Claire Chazal a enfin les moyens de s’offrir un petit jeune pour oublier tous les autres anciens et, notamment, Poivre d’Arvor.

Une autre encore pour la route et moins glamour: Jean-Luc Mélenchon, en pleine repentance, se serait inscrit la semaine dernière aux cours du soir de l’Ecole de journalisme de la rue du Louvre à Paris. Là, je suis vraiment très sceptique. Mais peut-être qu’il espère, l’émission Les infiltrés étant une première passionnante, qu’on lui donnera en plus un carte de policier à la fin de son stage. Ce qui lui permettra de contrôler les accès au siége du parti communiste de la place du Colonel Fabien puisqu’une autre rumeur affirme qu’il veut racheter les lieux pour une bouchée de pain ; ou une bouchée de voix…

Bon, vous voyez, c’est passionnant tout cela, bien plus que les complots fantaisistes qui hantent les nuits et les jours d’internet. Et encore, je ne vous ai rien dit de l’atmosphère torride qui règne dans les couloirs de Politis…en proie à des rumeurs incontrôlables sur un numéro « spécial sexe » pour les vacances. Avec en prime une dictionnaire de la rumeur aux éditions du Corbeau.

Ps dernière rumeur : une bande de dealers de banlieue aurait été attaqué par une équipe de télévision

Ceux des lecteurs parisiens qui sont intéressés par les méfaits et les excés de la télévision pourront se rendre, du 17 au 21 avril, à 20 h 30, à la Comédie de la Passerelle, 102 rue Orfila dans le 20°, à l'une des représentation de la pièce "l'émission de télévision" de Michel Vinaver qui dénonçait (En 1988 ! ) à peu prés tout ce qui se passe aujourd'hui sur la plupart des chaines. Réservation: compagniesurlefil@gmail.com, 09 51 42 73 27. Mise en scéne et adaptation, Sophie Leila Vadrot.
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