Les amis du charbon font grise mine

Dans la Nièvre, syndicats, socialistes et communistes ont soutenu plus de trois ans un projet très polluant d’exploitation de charbon. Il a finalement été abandonné mais les opposants restent vigilants.

Pierre Thiesset  • 1 avril 2010 abonné·es
Les amis du charbon font grise mine
© PHOTO : FLORIN/AFP

Développement industriel, emplois : l’ouverture d’une mine de charbon serait « une chance pour l’avenir de la Nièvre » . C’est ce que clament en chœur depuis des mois les forces vives de la région. Las ! En marge du sommet de Copenhague, Jean-Louis Borloo a finalement annulé le projet. Parce que « la France vise l’exemplarité en matière de respect de l’environnement [^2] ».

Découvert dans les années 1980, le gisement s’étend sur trois communes rurales : Lucenay-lès-Aix, Cossaye et Toury-Lurcy. Avec 250 millions de tonnes, cette réserve serait la plus importante en France [^3]. Jean-François Hénin, surnommé « le Mozart de la finance » , flaire le bon filon. Après avoir créé la Société d’exploitation des ressources énergétiques du Nivernais (Seren), il demande le droit d’extraire la houille. Son projet ? Créer une mine à ciel ouvert et brûler le charbon sur place dans une centrale thermique. Quelques mois plus tard, un concurrent, Valorca (pour valorisation du charbon), dépose à son tour une demande de concession. Né en 2006, ce projet pharaonique promettait monts et merveilles. Mille emplois pendant la construction, ­quatre cents pendant les trente-cinq ans d’exploitation, une manne financière pour le département. « Révolution », « très bonne nouvelle », « jackpot », « miracle » , s’extasiait le Journal du Centre,

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Écologie
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