Travail : les damnés de l’appel

Tâches aliénantes, menaces de délocalisation et dégradation des conditions de travail forment le quotidien des téléopérateurs, ces nouveaux ouvriers du secteur tertiaire.

Pauline Graulle  • 8 avril 2010 abonné·es
Travail : les damnés de l’appel
© PHOTO : LEX VAN LIESHOUT/ANP/AFP

Février 2009 : Michelin ferme l’usine Kléber de Toul (826 salariés), et les dernières machines sont démantelées, direction l’Europe de l’Est. Quelques semaines plus tard, le groupe Acticall prend possession d’une aile du bâtiment pour y installer l’un de ses onze centres d’appels hexagonaux. Aujourd’hui, sur les 180 téléopérateurs en poste, seuls deux anciens de l’usine ont troqué leur bleu de travail contre un casque d’écoute. Mais beaucoup d’enfants des « Kléber » empruntent chaque matin le même chemin que jadis leurs parents…

Le scénario est le même sur les vestiges de Moulinex et de Kodak à Caen, ou de l’ancienne usine Lu de Calais. Mais aussi, bientôt, sur le site Michelin de Clermont-Ferrand ou celui de Philips à Dreux. Partout, les call centers externalisés ( « outsourcés » dans le jargon) poussent sur les cendres encore fumantes d’anciennes usines. Et surfent sur la crise, grassement subventionnés par les collectivités locales qui voient dans ces emplois « clé en main » la solution toute trouvée à la désindustrialisation de leurs

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