L’imagination comme un alcool fort

Le romancier Bertrand Leclair salue la langue stupéfiante de « Ti Kreiz »,
de Claude Lucas, et s’interroge sur le silence de la critique à son égard.

Bertrand Leclair  • 13 mai 2010 abonné·es

Soyons optimistes, disons que la coupe est (à demi) pleine : la littérature est furieusement vivante, il s’écrit et se publie de grands livres, puissants, novateurs, drôles, d’une intelligence manifeste, impossibles à réduire à un résumé et à un petit bonhomme qui rit, qui pleure ou qui soupire (en l’occurrence, il s’absente : il doit avoir des vapeurs). Ce sont des livres rares, qui viennent bousculer et revitaliser la représentation communément admise du monde et des êtres, et du même geste rallumer la braise du « plaisir du texte » (au sens de Roland Barthes : non pas en deçà de l’exigence, mais au-delà). Ti Kreiz, le nouveau roman de Claude Lucas, qui y déchaîne les puissances de l’écriture à la façon d’un Rabelais téléporté chez les frères communicants, est de ceux-là.

Hélas, on peut tout aussi bien dire que la coupe est (à demi) vide : ces livres n’existent pas, dans la réalité commune. Certes, ils sont (écrits, publiés), mais ils

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Culture
Temps de lecture : 5 minutes