Sous-traitance ? Non, maltraitance

La vague de suicides dans une usine du constructeur électronique Foxconn, à Shenzen, révèle
les conditions de travail sans limites des fournisseurs des multinationales.

Thierry Brun  • 10 juin 2010 abonné·es
Sous-traitance ? Non, maltraitance
© PHOTO : YISHU/AFP

La vague de suicides chez Foxconn Technology, à Shenzen, en Chine, emblématique de la sous-traitance low cost, a provoqué un tollé de centaines d’ONG internationales, qui dénoncent depuis plusieurs années les réalités cachées de la mondialisation libérale. En revanche, la tragédie n’a pas suscité un mot de compassion de la part de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) lors de la présentation, le 2 juin, d’un rapport de politiques commerciales sur la Chine. La Confédération syndicale internationale (CSI) avait pourtant publié dès le 10 mai un édifiant rapport sur les normes fondamentales de travail en Chine. En résumé, le document pointe l’absence du droit de grève, les discriminations, le fait que les enfants sont employés « dans les pires formes de travail » et un travail forcé « répandu dans les entreprises commerciales ». Il note aussi une « augmentation des actions collectives et des conflits du travail » , que l’OMC, fer de lance des multinationales, s’est bien gardée de mentionner. Foxconn, propriété du milliardaire Terry Gou, est symptomatique de ces tensions économiques dans les « usines de la planète ». Le richissime PDG du premier sous-traitant d’Apple, de Nokia, de Dell, de Sony et

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