« Un travail soignant, et non policier »

Directrice de l’association Advocacy France, Martine Dutoit s’insurge contre le projet de loi renforçant les dispositifs de soins psychiatriques sous contrainte et réclame une véritable politique de santé mentale.

Ingrid Merckx  • 24 juin 2010 abonné·es
« Un travail soignant, et non policier »
© PHOTO : SIMON/AFP

Politis : La ministre Roselyne Bachelot défendra devant l’Assemblée à l’automne un projet de loi « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques [^2] ». Ce texte fait l’objet d’une contestation groupée, signée notamment par l’association d’usagers Advocacy France. Pourquoi cette fronde ?

Martine Dutoit : Cette proposition de loi ne fait que reprendre la loi du 27 juin 1990 en en changeant les termes. On passe d’une loi d’organisation de l’hospitalisation à une loi d’organisation des soins. On allège les certificats pour maintenir les personnes en hospitalisation sous contrainte. On rajoute des possibilités de contrôle des procédures, mais a posteriori. On développe une forme de « garde à vue psychiatrique » de 72 heures. Surtout, on instaure une possibilité de soins contraints à domicile. Cela au moment où, dans le cadre de drames médiatisés, le corps soignant se voit reprocher

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Société
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