« Des hommes et des dieux » : Le sacrifice des fils d’Atlas
Inspiré du massacre des moines de Tibhirine, « Des hommes et des dieux »,
de Xavier Beauvois, est un film sur le choix que ces frères ont fait de rester auprès des Algériens en dépit du terrorisme. Résultat d’un sublime engagement.
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La salle de projection, au cinéma du Panthéon, à Paris, était nimbée de chants a cappella. Des voix d’hommes. Et, déjà, l’atmosphère recueillie d’un cloître, comme une invitation à la concentration. On anticipe sur l’odeur humide des pierres, l’ombre du déambulatoire, le clapotis d’une fontaine, l’austérité des repas et des chambres, et cette attention humble et dévouée aux tâches manuelles et au travail de l’esprit. « Comme une terre assoiffée, me voici devant toi, Seigneur. »
Dans Des hommes et des dieux, Xavier Beauvois accorde une grande place au silence. À travers des scènes de prière particulièrement picturales, où l’on voit les huit moines trappistes de ce monastère de l’Atlas baigner dans toutes les lumières diurnes et nocturnes qui pénètrent dans leur chapelle. À travers des scènes de travail, aussi, où l’attention se porte sur les livres de frère Christian (Lambert Wilson) : saint