Sarko menteur …

… mais pas mentor !

Bernard Langlois  • 26 septembre 2010
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Menteur, comme on sait, la chancelière allemande ne lui a pas envoyé dire (nous, ici, il y a lurette qu’on le savait, hein ?) !

Mais mentor, le PPR n’est en tout cas pas celui de François Fillon.

Le discours d’icelui aux parlementaires de son parti de godillots, dans le contexte du remaniement attendu, est généralement jugé par le microcosme, comme un adieu à l’hôtel Matignon. Et, comme il se doit dans le système dyarchique de la Cinquième, un positionnement pour l’avenir : « en réserve de la République » , comme on dit généralement.

Fillon, qui se dit disciple de Séguin et représentant de la branche dite du « gaullisme social » (tu parles, Charles !) a tenu à prendre nettement ses distances avec l’homme qui s’est un jour permis de le désigner comme son « collaborateur » . Et qui s’apprête, vraisemblablement, à le remplacer dans ses hautes fonctions — où il fut contraint de dîner plus souvent de couleuvres que de rillettes du Mans, tant l’Omnipotent agité lui laissait peu d’espace.

Rupture annoncée, donc. Poliment, dans les formes, mais rupture quand même. Comme quand Pompidou, de Rome, se proclamait respectueusement (nul ne fut dupe) le successeur du Général …

Un Président ne peut supporter trop longtemps un Premier ministre plus populaire (nettement) que lui : c’est aussi une règle non écrite de la Constitution. Et ainsi giclèrent, outre Pompidou en 68, Chaban et sa « nouvelle société » ou Rocard, le mal-aimé du parti mitterrandien.

La question est : qui pour remplacer le sortant ? Sarko en aurait fait la confidence à Balladur, qui l’aurait félicité de son choix. « Je n’y aurais pas pensé » , a susurré Sa Suffisance.

Qui donc ça peut-il bien être, vindiou ! Pensez si ça s’agite dans le marigot !

Comme disait l’autre, il est difficile de faire des prévisions, surtout en ce qui concerne l’avenir …

Mais puisque : 1- Le Grand Chef ne veut personne qui lui fasse de l’ombre.
2- Qu’il est encore un peu tôt pour installer sa dynastie et nommer le Prince Jean.
3- Que la période qui nous sépare de l’élection présidentielle risque d’être socialement chaude.
4- Que la fonction primo-ministérielle s’apparente pour lui à celle d’une secrétaire de direction qu’on embauche (en CDD) :

Eh bien ! La réponse s’impose, et je m’étonne que personne ne l’ait encore trouvée : un collaborateur discret, inconnu du grand public, réputé ultra-compétent sur les questions sociales, à tu et à toi avec la bonzerie syndicale, septuagénaire encore vert mais trop vieux pour songer à la fonction suprême, donc ne présentant aucun danger pour le titulaire, et qui vient, de surcroît, d’annoncer sa décision de quitter ses fonctions de conseiller de l’Elysée …

Bon sang, mais c’est bien sûr : Raymond, à Matignon !

Illustration - Sarko menteur …

Après tout, comme Soubie, un autre Raymond a connu semblable destin, sous Giscard : Barre n’était rien qu’un fonctionnaire bruxellois inconnu quand il fut parachuté rue de Varenne. « Le meilleur économiste de France » en 1976. Pourquoi pas, en 2010, le meilleur expert du social ?

« Vous m’épatez, Nicolas, je n’y aurais pas pensé ! »

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