« Vénus noire » : à son corps défendant

Dans « Vénus noire », Abdellatif Kechiche met en scène le drame vécu par Saartjie Baartman, la Vénus hottentote, exhibée en Europe au XIXe siècle. Exercice critique sur le regard et le conditionnement.

Ingrid Merckx  • 28 octobre 2010 abonné·es
« Vénus noire » : à son corps défendant

Elle trône au milieu de l’amphithéâtre de médecine. Recouverte d’un drap d’abord. Puis théâtralement exhibée. Cependant que Cuvier entame le descriptif de ses organes, la caméra s’approche d’elle, tourne autour de son corps majestueux, et remonte lentement vers sa tête jusqu’à fixer ses paupières closes. Doute : vont-elles s’ouvrir ? Serait-elle vivante ? Non : Saartjie Baartman est morte, et naturalisée. Le film Vénus noire d’Abdellatif Kechiche commence en 1817, par la fin, et raconte comment cette femme hors du commun originaire du Cap a vécu, et comment elle est morte, à la trentaine,

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Culture
Temps de lecture : 7 minutes