200 000 signatures pour un référendum !

Depuis une semaine, l’appel initié par Politis connaît un incroyable engouement. Un événement qui ne peut rester sans lendemain.

Denis Sieffert  • 18 novembre 2010
Partager :
200 000 signatures pour un référendum !
© Photo : AFP/Charlet

Cela avait démarré tout doucement. Lorsque vers la mi-septembre nous avons pris l’initiative de lancer une pétition pour un référendum sur la question des retraites, nous étions tous tournés vers la rue. La liste des premiers signataires s’enrichissait bien de quelques noms de responsables politiques (Clémentine Autain, Patrick Braouezec, Cécile Duflot, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Patrick Le Hyaric) et associatifs, mais la chose ne paraissait pas évidente.

Notre raisonnement, pourtant, visait à prolonger le mouvement social en posant non pas seulement le problème du contenu de la réforme de la retraite, mais la question de la démocratie. Nous rappelions notamment l’engagement du candidat Sarkozy à ne pas toucher à la retraite à 60 ans. Nous dénoncions l’absence de consultation véritable des organisations syndicales, et les entraves au débat parlementaire, qui n’allaient que s’aggraver par la suite. Il s’agissait, écrivions-nous dans l’appel, de « contraindre le président de la République à ouvrir un débat qu’il n’a cessé d’entraver » . Et de permettre une « réappropriation citoyenne » d’un débat qui, plus que tout autre, engage des choix de vie personnels. Le préalable étant ­évidemment d’interrompre le processus d’adoption de ce texte rejeté par l’immense majorité de nos ­concitoyens.

Aujourd’hui, la loi est votée. Mais la question démocratique demeure. Rouvrir le débat est-il impossible ? Même le pouvoir promet de le rouvrir, mais, comme par hasard, en 2013, c’est-à-dire après la présidentielle. Mais alors, pourquoi pas aujourd’hui ? C’est cette question à laquelle répondent les quelque 200 000 signataires recensés à présent. Nul ne peut plus ignorer l’appel initié par Politis . Depuis plusieurs jours, le compteur s’affole. Au point que le logiciel a implosé, ce qui nous a empêchés pendant 48 heures de recueillir les signatures… À présent, tout va bien. Mais ce succès nous fait obligation de donner une résonance supplémentaire à ce mouvement. Politis est prêt à prendre une nouvelle initiative. Nous consultons les responsables politiques, syndicaux et associatifs sur ce point. La suite, la semaine prochaine dans Politis et, bien avant cela, sur notre site.

Politique
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers
Enquête 15 janvier 2026

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers

Cyrille Déchenoix, patron de Drop Intérim, fait campagne pour la mairie de Saint-Astier, en Dordogne. Pourtant cet ancien de l’UMP, déjà condamné deux fois pour prise illégale d’intérêt, est de nouveau visé par une procédure judiciaire. Cette fois, pour emploi de travailleurs sans papiers.
Par Pierre Jequier-Zalc
Budget : les raisons du naufrage de Lecornu
Budget 14 janvier 2026 abonné·es

Budget : les raisons du naufrage de Lecornu

Incapable de trouver l’équilibre entre une gauche très modérée et une droite intransigeante, le premier ministre pourrait passer son budget en force. Il renierait son engagement, s’affaiblirait politiquement et risquerait la chute.
Par Lucas Sarafian
Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »
Entretien 13 janvier 2026 abonné·es

Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »

Le spécialiste de l’extrême droite Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS au Cevipof, relativise l’impact politique du procès. Et estime que la possible accession de Bardella comme candidat ne provoquerait pas de guerre au sein du parti.
Par Lucas Sarafian et Maxime Sirvins
Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron
Parti pris 9 janvier 2026

Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron

Si la France a voté contre le Mercosur, ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron condamne le libre-échange – bien au contraire – mais parce que soutenir le texte lui coûterait trop cher politiquement.
Par Pierre Jequier-Zalc