Intolérance

Politis  • 23 décembre 2010
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Tout, dans ce film de 1916, est gigantesque. L’ambition de son réalisateur, l’Américain David Wark Griffith, qui, après le succès de Naissance d’une nation (1915), dont l’action se déroule pendant la guerre civile, accusé par certains de racisme, a voulu non seulement répondre à ses accusateurs mais aller plus loin d’un point de vue formel. D’où un film racontant quatre histoires croisées, qui se déroulent à des époques différentes, usant pour ce faire du montage comme on ne l’avait encore jamais fait au cinéma. Le budget mis à sa disposition : 400 000 dollars, énorme pour l’époque, mais nécessaire notamment pour la reconstitution de Babylone. L’échec commercial, retentissant, qui obligea Griffith à rembourser de grosses sommes pendant plusieurs années, et, surtout, lui coûta son indépendance et, finalement, sa force créatrice. Le double DVD que propose Diaphana édition vidéo permet de voir Intolérance dans la version inédite décidée par le cinéaste (« director’s cut »), accompagnée d’une composition originale d’Antoine Duhamel et Pierre Jansen. Le film, aujourd’hui encore d’une grande puissance, marque la naissance du cinéma moderne, que saluera Eisenstein. Idéologiquement opposé à Griffith, le cinéaste russe dira pourtant de celui-ci : « Je lui dois tout. »

Intolérance, D. W. Griffith, Diaphana édition vidéo, Coffret 2 DVD.

Culture
Temps de lecture : 1 minute
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