« La mobilité sociale sera limitée »

Maître de conférences en philosophie à l’université de Leeds, Alix Cohen revient sur les manifestations étudiantes qui secouent l’Angleterre et alerte sur la dégradation des conditions d’études et d’enseignement.

Ingrid Merckx  • 9 décembre 2010 abonné·es

Politis : Depuis le 10 novembre, les étudiants manifestent dans plusieurs villes contre l’annonce d’une hausse spectaculaire des droits d’inscription à l’université [^2]. Des mouvements de cette ampleur, avec des débordements, sont-ils fréquents ?

Alix Cohen : La plupart sinon toutes les universités du Russell Group (les vingt plus prestigieuses universités de Grande-Bretagne) ont l’intention d’établir des droits d’inscription à 9 000 livres, et non à 6 000. C’est le seul moyen pour elles de couvrir leurs frais étant donné la décision de l’État de supprimer la quasi-totalité des subventions pour l’enseignement supérieur ; les seules exceptions étant les Stem (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), qui sont protégées. On assiste aux premières manifestations d’ampleur depuis l’annonce, le 20 octobre, par le ministre des

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Société
Temps de lecture : 4 minutes

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