À Nanterre, « les grands nous protègent plus que la police »

À l’espace jeunesse Picasso, au cœur de la cité du même nom, un atelier a donné la parole à des enfants sur leur rapport aux forces de l’ordre. Entre récits personnels et aspirations, leurs témoignages mettent en lumière une relation complexe.

Kamélia Ouaïssa  • 24 octobre 2025 abonné·es
À Nanterre, « les grands nous protègent plus que la police »
Marche blanche le 29 juin 2023 à Nanterre pour Nahel, tué par un policier.
© Maxime Sirvins.

Au pied des tours Nuages de la cité Pablo-Picasso, à l’espace jeunesse du quartier, un petit groupe d’enfants de 9 à 11 ans s’installe. Ils s’assoient sur des canapés disposés en cercle autour d’une table où sont proposés des gâteaux et des boissons pour le ­goûter. Les enfants se lèvent, se servent, échangent quelques mots dans la bonne humeur, puis reprennent place, toujours aussi attentifs. Ici, les enfants n’ont pas toujours droit à l’insouciance.

Tous s’accordent à donner un rôle officiel à la police. Pour Farid, 9 ans, « la police sert à nous protéger » ; à côté de lui, Aymen, 11 ans, complète : « Ils doivent protéger la ville. » Mais cette représentation se heurte à la réalité quotidienne à laquelle ils se confrontent. Yanis, 11 ans, nuance : « Il y en a qui sont gentils, mais il y en a beaucoup de méchants. Ils insultent. Ils cassent les portes. »

C’est pas normal de se faire contrôler, on est trop petits .

Aymen

Certains enfants ont déjà été témoins ou victimes de contrôles de police, parfois brutaux, souvent injustifiés. « Je me suis déjà fait contrôler, je passais juste à côté d’un groupe de grands, [les policiers] ont cru que j’étais avec eux », raconte Yanis. « Un jour, des policiers nous ont arrêtés et fouillés », ajoute Farid, son petit

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