« Le corps : un argument électoral »
Marlène Coulomb-Gully, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université de Toulouse-II-Mirail, analyse les représentations liées à l’apparence et à la gestuelle des politiques.
dans l’hebdo N° 1132-1133 Acheter ce numéro
Politis : Depuis quand s’intéresse-t-on au corps des politiques ?
Marlène Coulomb-Gully : La thèse célèbre d’Ernst Kantorowicz sur les deux corps du roi (pensé sur le modèle du Christ, à la fois homme et Dieu) montre que la monarchie moderne avait déjà tenté de formaliser une théorie autour du corps du roi. L’intérêt pour le corps des politiques ne date donc pas d’hier. La grande fracture sur ce plan est sans doute instaurée par la République : non parce qu’on ne s’intéresse plus à cette question, mais parce que la République veut rompre, en théorie du moins, avec cette tradition du pouvoir incarné : « Point de pouvoir lié à un corps » , dit à son propos Claude Lefort. Le rôle central joué par l’image dans les processus de médiatisation contemporains a sans aucun doute contribué à réinstaller le corps comme opérateur central dans la représentation politique.
De quel corps s’agit-il ? Le corps des politiques est-il toujours une construction ?
Le corps est toujours une construction : il est construit par le « genre » (hommes et femmes ne font pas le même usage de leur corps), par le groupe social auquel on appartient (le corps est façonné
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