Trucages tous azimuts

Les partisans de Moubarak obtiennent 170 sièges dès le premier tour. Toute honte bue.

Denis Sieffert  • 2 décembre 2010
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Certes, le Parti national démocrate (PND), au pouvoir, a remporté dimanche près d’un tiers de sièges dès le premier tour des législatives égyptiennes, dont l’opposition islamiste est sortie laminée. Mais le fait plus marquant, selon les observateurs, c’est surtout les innombrables irrégularités constatées, cela après une campagne marquée par une sévère répression contre les Frères musulmans. Dans ces conditions, il est difficile de donner un quelconque crédit à ces résultats.

Ce qui n’empêchait pas la presse aux mains du Président, Hosni Moubarak, de triompher. Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram , le PND aurait remporté plus de 170 des 508 sièges en jeu, dès le premier tour. Les Frères musulmans, qui contrôlent un cinquième de l’Assemblée, n’auraient obtenu aucun siège ! « Échec » aussi pour l’opposition laïque, qui n’a remporté que six sièges, dont trois pour le parti libéral Wafd. « Une Assemblée sans opposition » , annonçait en une le quotidien indépendant Al-Chourouq. Ces résultats s’expliquent en grande partie par le climat de fraude et de violence dénoncé par les observateurs et les ONG, comme Human Rights Watch. Les États-Unis se sont dits « consternés » .

Ces élections constituent un enjeu considérable pour Hosni Moubarak, à deux ans de la présidentielle, où il pourrait tenter d’introniser son fils. D’autant plus que l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Mohamed El-Baradeï, a fait naître beaucoup d’espoirs en annonçant sa candidature. Une candidature qui doit être soumise à l’approbation de la nouvelle Assemblée. D’où la particulière vigilance du pouvoir sur ce scrutin. Second tour, le 5 décembre.

Monde
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