Comment nourrir 9 milliards d’humains
Alors que le prix de plusieurs denrées alimentaires bat à nouveau des records, de plus en plus de chercheurs envisagent une rupture radicale des systèmes agricoles pour éradiquer la faim d’ici à 2050.
dans l’hebdo N° 1135 Acheter ce numéro

Sécheresses, canicules, inondations, précipitations erratiques : les aléas climatiques de 2010, un peu partout sur la planète, affectent lourdement la production de denrées alimentaires depuis des mois. L’année s’engage sous de très mauvais auspices pour la sécurité alimentaire mondiale, au point que le spectre de la crise de 2008 se profile à nouveau (voir encadré) : des circonstances identiques avaient provoqué une forte baisse de la production de blé, de riz et de soja dans des régions clés, et les prix mondiaux avaient brusquement bondi. Un choc démultiplié par l’embargo de plusieurs pays sur leurs exportations alimentaires, et la spéculation sur les marchés financiers sur les stocks, au plus bas.
Et ressurgissent les mêmes condamnations des systèmes agroalimentaires dominants : ultradépendance au pétrole, destruction des sols et des écosystèmes, gaspillage de l’eau, dépendance envers les firmes semencières (notamment avec les OGM), recours massif aux engrais et aux pesticides chimiques, faiblesse des stocks alimentaires, spéculation sur leur cours, etc. Avec une question de plus en plus lancinante : comment nourrir la planète à l’horizon 2050, quand la population mondiale