L’éducation prioritaire l’est de moins en moins
Si le gouvernement raffole des études de « performances », il néglige le bilan des ZEP et autres dispositifs. Sans doute pour masquer la réduction des moyens destinés aux plus défavorisés.
dans l’hebdo N° 1137 Acheter ce numéro
Nicolas Sarkozy a souhaité dès 2005 « déposer le bilan » des zones d’éducation prioritaire (ZEP). Cette déclaration du chef de l’État ne repose sur aucune évaluation qualitative digne de ce nom. Car sur l’essentiel, à savoir le projet pédagogique devant animer ces établissements, les indicateurs manquent. On compte environ 700 ZEP (chiffre de 2005) regroupant un million d’écoliers et un demi-million de collégiens. Elles sont censées disposer de davantage de moyens et compter moins d’élèves par classe. Cette politique de soutien scolaire aux populations défavorisées a-t-elle contribué à réduire un peu les inégalités ? Trente ans après leur création par Alain Savary en 1981,