Vive les trente-cinq heures !

Au nom de la compétitivité ou du pouvoir d’achat, l’UMP – confortée récemment par Manuel Valls – veut en finir avec la réduction du temps de travail. Une lourde erreur, car celle-ci a fait ses preuves.

Thierry Brun  • 13 janvier 2011 abonné·es
Vive les trente-cinq heures !
© Photo : Saget / AFP

Les 35 heures existeraient si peu qu’il serait nécessaire de les « déverrouiller » , selon la formule du député socialiste Manuel Valls. Celui-ci a oublié que les 35 heures n’étaient pas un gadget mais la durée légale hebdo­madaire de travail. Que l’attaque vienne de la « gauche » a ravi la droite. En charge du dossier des 35 heures à l’UMP, ­l’ultra­libéral Hervé Novelli a proposé de passer par des négociations de branche ou d’entreprise pour réduire à néant le seuil légal des 35 heures : « Il est clair qu’une fois que toutes les entreprises auraient négocié il n’y aurait plus de durée légale. La loi sur les 35 heures tomberait alors en désuétude » , a-t-il déclaré récemment après un bureau politique de l’UMP au cours duquel il avait présenté un plan de bataille contre les 35 heures. Pour Jean-François Copé, secrétaire général du parti majoritaire, « sortir du carcan dogmatique hérité de madame Aubry » permettrait de « renforcer la compétitivité des entreprises  » et de « soutenir le pouvoir d’achat des Français » . Une affirmationfausse, déconnectée des réalités économiques.

1-Les 35 heures ont limité le chômage

Qu’en serait-il aujourd’hui du chômage si le temps de travail était resté à plus de 70 heures par semaine comme au début du XXe siècle ? Il atteindrait des

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