David Goldblatt : L’Afrique du Sud noir sur blanc
La Fondation Henri-Cartier-Bresson, à Paris, propose une rétrospective de David Goldblatt. Une lecture de l’histoire sud-africaine par l’image.
dans l’hebdo N° 1139 Acheter ce numéro

Un vendeur de maïs, sur West Street, en 1964. Sa silhouette se dessine à travers un imperméable transparent. Seules les mains se dégagent du vêtement, retournant sur un poêle de fortune, protégé par une fine tôle froissée, le maïs grillé. En bas de la chauffante, un pied nu qui dépasse. L’image joue avec la présence et l’absence, une technique de l’estompage, la pluie et la chaleur, dans les dédales de la fragilité et de la précarité. Un peu plus loin dans le temps, en 1952. Des Russes, membres d’un gang redouté d’ouvriers immigrants, dans une maison à Newclare South. Trognes patibulaires d’assassins besogneux. Ça ne rigole guère dans la cambuse. Plus tard, en juillet 1969, dans la banlieue nord, une autre composition : plongée verticale sur la chambre d’une bonne. Un lit fait au carré, un carton aplati au pied du lit, une chaise où s’empilent quelques journaux, une table modeste. De l’épure dans le dénuement. Changement de décor, en 1964, à Croesus : encastré par le cadre, dans une campagne désolée, un « café-de-move-on », stand ambulant vendant du thé, du café et des repas simples, principalement aux ouvriers. Loin du parc
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