Festival du court métrage à Clermont

Politis  • 3 février 2011
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Le court métrage est un monde à part. Pour suivre la conférence de presse de « Sauve qui peut le court métrage », l’association qui organise le Festival de Clermont-Ferrand, il valait mieux en être – de l’équipe, de la programmation, des partenaires, des habitués… Oui, c’est une autre planète, mais sur laquelle il se passe visiblement des choses passionnantes. Témoins : les quelques films projetés en avant-première de la 33e édition de la manifestation, qui se tient du 4 au 12 février. En compétition ou en « labo », section expérimentale qui fête ses dix ans, ils font preuve d’une liberté de ton et de forme stimulante. Troublant puis dérangeant, la Femme à cordes de Vladimir Mavounia-Kouka est un film d’animation aux décors sublimes et au récit énigmatique. Dans un Paris semi-actuel, semi-XIXe, un laveur de vitres descend d’une tour jusque dans les bas-fonds d’une « foire à béton ».

Sur l’estrade d’un cabinet de curiosités, il découvre une femme avec quatre cordes lui sortant de la gorge. Sortes de cheveux ou de tentacules qui lui pendent du cou et vibrent parfois à l’horizontale, produisant des sons qui la mettent dans un état proche de l’extase ou de l’agonie. Fantasme romantique adolescent ou cauchemar de chanteuse, la Femme à cordes s’interrompt brutalement sur un sentiment d’étrange qui tarabuste comme une porte mal refermée. Animation également, mais à partir d’images capturées, la Mort d’un insecte (Hannes Vartiainen, Pekka Veikkolainen) met en scène un volatile qui grille sur une ampoule et dégringole dans une fosse d’invertébrés. Là, des fragments d’homologues entament une danse de courbes et d’ellipses. Chorégraphie architecturale et moléculaire tout en pattes et ailes déchirées, non dénuée d’harmonie et d’humour.

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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