Marianne Faithfull : « Vite, une révolution ! »
Le nouvel album de Marianne Faithfull, Horses and High Heels, mêle créations et relectures. Rencontre avec une artiste désireuse de transmettre
et d’interpeller.
dans l’hebdo N° 1138 Acheter ce numéro

« Un ange avec de gros seins. » C’est l’image qu’Andrew Loog Oldham, le manager des Stones, a de Marianne Faithfull ce soir de 1964 où il la rencontre et lui propose sur le champ d’enregistrer une chanson écrite par ses protégés. As Tears Go By la fait passer directement du couvent Saint-Joseph à « Top of the pops ». Et au monde des Stones, qui sera le sien durant le reste de la décennie, dont une bonne partie au bras de Mick Jagger. Un monde à la fois fascinant et cruel.
Après cet envol, la décennie suivante sera celle de la chute. Elle se résume en deux mots : l’héroïne et la rue. Et une quasi totale disparition de la scène musicale. Le retour a lieu en 1979 avec Broken English. Un autre genre d’ange, aux ailes et à la voix brisées. Mais conquérant. Le début de la deuxième carrière de Marianne Faithfull. « Le moment où j’ai commencé à être moi-même » , dit-elle aujourd’hui. Depuis, malgré les rechutes, les disques se sont enchaînés et elle a aussi interprété les chansons de Kurt Weill, écrit deux livres, joué au théâtre et au cinéma. Et su s’entourer de l’énergie des jeunes