Remaniement : Nicolas Sarkozy écarte MAM et prépare 2012

Dans une courte allocution télévisée, dimanche 27 février, Nicolas Sarkozy a annoncé le quatrième remaniement gouvernemental en moins d’un an. Des ajustements dus aux « affaires » grossièrement justifiés par la situation dans le monde arabe. Et l’occasion de réunir une fine équipe pour préparer 2012.

Xavier Frison  et  Erwan Manac'h  • 28 février 2011
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Remaniement : Nicolas Sarkozy écarte MAM et prépare 2012
© Photo : Thomas Coex / AFP

« Bien qu’ayant le sentiment de n’avoir commis aucun manquement » , Michèle Alliot-Marie a enfin présenté sa démission, dimanche matin, au président de la République. Contrainte et forcée au départ, l’ex-ministre des Affaires étrangères symbolisera pour longtemps la gouvernance à la mode sarkozyste, où les intérêts personnels priment sur le sens de l’Etat. Au cours de son allocution télévisée de dimanche soir, Nicolas Sarkozy n’aura pas un mot pour sa ministre et tentera benoîtement de justifier son remaniement par les révoltes du monde arabe.

Alain Juppé remplace donc MAM aux Affaires étrangères. L’ancien Premier ministre, condamné le 30 janvier 2004 à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs du RPR (une peine réduite à un an en appel) accède ainsi à une revendication qu’il avait formulée lors du remaniement de novembre dernier. Avec, cette fois, l’assurance de disposer des pleins pouvoirs au Quai d’Orsay, devenu une coquille vide depuis l’ère Kouchner / Alliot-Marie.

Dans ce jeu de chaise musicale, c’est Gérard Longuet qui prend le strapontin laissé libre par Alain Juppé à la Défense. « Un homme d’expérience » , pour Nicolas Sarkozy. Le président du groupe UMP au Sénat, libéral pur sucre, est surtout connu pour son long et violent passé à l’extrême-droite, du groupuscule « Occident » au Front national, dont il a rédigé le premier programme économique.

Annonce moins attendue : le départ de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur depuis novembre. Les tumultes du monde arabe, sans doute. Plus prosaïquement, la gronde des policiers ces derniers mois et l’échec du tout répressif l’ont affaibli. L’ami des Auvergnats paye également ses dérapages répétés et sa double condamnation en moins d’un an pour injure raciale, en juin, et atteinte à la présomption d’innocence, en décembre. Brice Hortefeux rend les clés d’un ministère primordial dans la stratégie politique de Sarkozy mais devient conseiller spécial du président. Un faux départ, en somme, qui rapproche le fidèle Hortefeux du président en prévision de l’élection de 2012. Pour la « République irréprochable » , on repassera.

C’est l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, qui est repositionné à l’Intérieur, laissant ainsi le champ libre aux Affaires étrangères à Alain Juppé.

Enfin, Patrick Ollier, le ministre des Relations avec le Parlement et compagnon de Michèle Alliot-Marie, conserve son poste, malgré sa participation aux vacances controversées de sa moitié en Tunisie. Il assurait vendredi qu’il se retirerait du gouvernement en cas de démission de Michèle Alliot-Marie. On attend encore.

« Ainsi les fonctions régaliennes de l’Etat se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement » , concluait dimanche Nicolas Sarkozy, dans un numéro de passe-passe qui n’aura trompé personne. Pour le président et sa garde rapprochée, place, désormais, à l’échéance de 2012. Avec un oeil sur Alain Juppé, le meilleur d’entre eux.

Politique
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