« La gestion publique, ça marche ! »
Un an après le retour en régie, Eau de Paris annonce une baisse des tarifs au robinet. Sa présidente, Anne Le Strat, nous explique les difficultés surmontées et appelle à un retour du politique dans les services publics.
dans l’hebdo N° 1146 Acheter ce numéro

Bertrand Delanoë s’y était engagé. La gestion de l’eau de la capitale est revenue dans le giron municipal. Exit Veolia et Suez, les deux opérateurs privés qui, sous Chirac puis Tiberi, régnaient sur le juteux marché de la distribution de l’eau de chaque côté de la Seine. La régie publique Eau de Paris fête sa première année d’exploitation, et son premier bilan positif : plus de 30 millions d’euros de « gains » par rapport à l’ancienne délégation au privé. La Mairie de Paris vient d’ailleurs d’annoncer une baisse de 8 % du prix de l’eau, après trois décennies de hausse continue. Une baisse certes symbolique – la répercussion pour les abonnés restant très marginale (une dizaine d’euros par an) – qui prouve cependant qu’une gestion publique peut se révéler bien plus efficace, plus transparente et plus démocratique qu’une gestion privée. Les gains ainsi dégagés ne servent plus à rémunérer les actionnaires des deux multinationales de l’eau, mais sont intégralement réinvestis dans le service, financent de nouvelles aides sociales pour faciliter l’accès à l’eau des ménages les plus pauvres, et profitent aux usagers. Politis a rencontré Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris, militante écologiste apparentée