La situation reste hors de contrôle à Fukushima

18 jours après le tsunami au Japon, la situation reste critique dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Certains experts évoquent déjà une catastrophe plus grave que celle de Tchernobyl, en 1986.

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Sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, la situation évolue en permanence et reste très préoccupante. La radioactivité grimpe au gré des manœuvres des employés de la centrale et des conditions météorologiques.

L’eau contaminée

« Nous ne savons pas ce qui est fait des nappes d’eau utilisées pour le refroidissement des réacteurs qui deviennent des déchets nucléaires » , s'inquiète Charlotte Mijeon, chargée de projet à Sortir du nucléaire. La compagnie Tepco, gestionnaire de la centrale, a reconnu lundi pour la première fois que de l’eau s’était échappée des bâtiments, avec un risque d’écoulement vers l’océan Pacifique. Les sous-sols des réacteurs 1, 2 et 3 sont inondés, comme les tunnels techniques passant dans le sol. Les employés de la centrale sont exposés à un danger mortel et le pompage de ces nappes s’annonce très compliqué.

D’après l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « des nouvelles mesures réalisées en mer indiquent que la contamination du milieu marin est importante et en augmentation » .

Une situation hors de contrôle

Les équipes d’intervention essaient de limiter les projections d’eau sur les réacteurs en fusion qui libèrent de la vapeur radioactive. Mais les techniciens doivent tout de même procéder de la sorte pour éviter une montée de pression qui risque de faire exploser les réacteurs. « On est quasiment dans la même situation que les premiers jours. On projette de l’eau pour tenter de contenir le danger, mais ce n’est pas une solution qui a une fin , s’inquiète Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France. ### Personne ne commence à proposer l’ombre d’un scénario d’une solution. »

Après la fusion du cœur d’un réacteur dans la centrale de Tchernobyl, en 1986, du sable avait été projeté sur les décombres radioactifs du bâtiment. Une solution encore inenvisageable à Fukushima où les combustibles ne sont pas à l’air libre, à la différence de Tchernobyl. « Cela créerait un espace de confinement ingérable qui pourrait monter en température et faire craindre l’explosion , explique Yannick Rousselet. Les cœurs des réacteurs doivent être refroidis avant toute chose. »

La seule nouvelle rassurante de ce début de semaine pourrait venir des piscines de combustibles usagés, qui ont été refroidies. Mais « cela ne veut pas dire qu’elles sont hors de danger , précise Yannick Rousselet. Elles peuvent se réchauffer à tout moment ».

Sur place, Greenpeace a demandé une extension de la zone d’exclusion à 80 km autour de Fukushima Daichii. Mais le Japon tarde à reconnaître la nécessité d’une telle mesure. « L’évacuation des populations est très lourde, vu la densité de l’île, d’autant qu’il faudra se résoudre à évacuer définitivement les lieux. Le Césium 137 rejeté dans l’atmosphère est une particule extrêmement fine qui reste dangereuse pour l’homme pendant 300 ans, révèle Yannick Rousselet. Cet accident est aussi une catastrophe économique pour le Japon, car la façade pacifique japonaise est une zone d’aquaculture. On risque d’avoir à terme des difficultés alimentaires. »*


Photo : Christian Aslund / AFP / Greenpeace

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