Le militant, ce sale type en puissance
Le 17 mars, un syndicaliste sera jugé pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN, donc au fichage génétique permis par les lois sécuritaires de Sarkozy. La CGT craint une multiplication des dossiers.
dans l’hebdo N° 1143 Acheter ce numéro

Philippe Galano, salarié des Autoroutes du Sud de la France (ASF) et délégué syndical CGT, ne s’attendait pas à être traité comme un délinquant. Et pourtant… En 2003, ce militant participe au mouvement de grève contre la réforme des retraites de François Fillon et au blocage de l’autoroute Perpignan-Nord. Son entreprise mandate des huissiers pour constater sa présence sur les lieux avec trois autres syndicalistes, puis engage une procédure pour licencier les quatre hommes. Un mois plus tard, l’occupation de la direction régionale des ASF à Narbonne par des centaines de salariés voulant protester contre ces licenciements est suivie de mesures disciplinaires. Trois syndicalistes sont mutés ; Philippe Galano, lui, est non seulement licencié mais écope, en 2009, d’une peine de prison avec sursis et de 20 000 euros d’amende pour « séquestration ». En fait pour être resté dans le bureau du directeur régional des ASF dans le cadre d’une action syndicale.
Fin de l’histoire ? Non. Le voilà convoqué en juin 2010 à la gendarmerie, qui lui