Le néolibéralisme occupe le terrain

Le programme de développement voulu par l’Autorité palestinienne néglige des aspects essentiels de la vie des habitants des territoires. Un reportage de Clémentine Cirillo-Allahsa.

Clémentine Cirillo-Allahsa  • 31 mars 2011 abonné·es

De Jénine, il fallait jadis couper à travers les pentes rocailleuses et les oliviers pour atteindre Naplouse, la ville aux huit check-points. Aujourd’hui, le taxi file sur le bitume refait à neuf, luisant sous un soleil étincelant. Vues de la route, les conditions de vie semblent s’être améliorées. Selon certains, c’est un effet des réformes mises en œuvre par le Premier ministre, Salam Fayyad. Pour d’autres, un simple leurre. Car, sur le terrain, le plan de développement divise davantage qu’il ne rassemble, laissant de côté certains secteurs qui auraient dû être prioritaires, comme l’emploi, la santé ou l’éducation. En ce printemps 2011, année qui pourrait être celle de la proclamation unilatérale d’un État palestinien, la majeure partie de la Palestine reste sur le bord de la route.

« Pour la première fois, nous avons connecté le plan avec le budget de façon moderne, c’est un grand pas ! Créer des emplois, améliorer le bien-être des gens pour qu’ils ne partent pas : tout cela, l’économie peut le faire » , annonce Samir Abdullah, ancien ministre de la Planification et directeur du MAS, l’institut palestinien de recherche en politique économique. Un enthousiasme que Sabree Saidam, cadre dirigeant du Fatah et conseiller de Mahmoud Abbas, partage mais nuance. Pour lui, ce plan est avant tout une « promesse au peuple palestinien ; il impulse une dynamique pour préparer les institutions et

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Publié dans le dossier
FN : les racines du mal
Temps de lecture : 14 minutes