Libye (suite) : des bombes …

… et un cheval

Bernard Langlois  • 28 mars 2011
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Un de nos intervenants (anonyme [^2]) dans le débat sur la Libye fait référence à un article de l’universitaire algérien Djamel Labidi paru dans Le Quotidien d’Oran du 24 mars, qui semble avoir eu beaucoup d’échos, en Algérie et au-delà dans le monde arabe.


Illustration - Libye (suite) : des bombes …


A juste titre, car il aborde des problématiques diverses — du bien-fondé de l’intervention occidentale (qu’il condamne : « Il n’y a aucun courage à compter sur des armées étrangères pour vaincre. (…) Peut-on défendre une révolution démocratique et nationale en indiquant à des forces armées étrangères les sites de son propre pays à bombarder ? Espérons que les plus lucides des démocrates libyens prendront conscience du terrible engrenage dans lequel on veut les entraîner, de glissement en glissement, et qu’ils comprendront qu’on ne peut défendre la démocratie sans
défendre la nation.
») au rôle des médias arabes ( El Djazira notamment, dont il déplore qu’elle soit sortie de son indépendance et de son esprit critique pour devenir « brusquement une chaîne gouvernementale arabe comme les autres, un instrument de propagande. On se souvient soudain qu’elle est la chaîne du Qatar …  », ajoute-t-il.


Illustration - Libye (suite) : des bombes …


Ferme soutien, par ailleurs, des révolutions populaires arabes (« La révolution démocratique arabe mûrit partout y compris lorsqu’elle échoue momentanément ici et là. En Tunisie et en Egypte, elle ne tardera pas à fournir ses fruits au bénéfice de tout le monde arabe »), il soutient la thèse du « Cheval de Troie » néo-colonialiste, à quoi lui fait penser («  Est-ce un lapsus ? » se demande-t-il) le choix du nom de code imposé, contre « ### l’Harmattan » français, par les Etats-Unis : « ### Aube de l’Odyssée » [^3].

Bref, c’est un texte qui donne largement matière à débat. Jugez-en par ce court extrait : « Tout petit, mon père m’avait raconté cette histoire : C’était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l’Algérie et était arrivé à la porte d’une ville. Un bachagha
algérien, l’accueillant, lui dit :
 » C’est mon père qui a ouvert cette ville à la France  » *. Et Clemenceau de lui répondre:*  » Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître.  » » Dur !

Pour une lecture complète, je vous renvoie sur ce site des droits de l’homme algérien (qui se trompe sur la date : janvier, au lieu de mars), celui du Quotidien d’Oran semble saturé …

[^2]: 1- J’en profite pour vous demander une fois encore de signer vos contributions, fût-ce d’un pseudo, pour la clarté des débats ; je vais finir par supprimer les anonymes !

[^3]: 2- Je trouve que c’est plutôt à l’Illiade que renvoie le fameux cheval, mais l’Odyssée est aussi très parlant : l’errance d’Ulysse a duré dix ans !

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Temps de lecture : 3 minutes
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