Loi sur l’immigration : Jusqu’où irons-nous dans l’infamie ?
Le dernier projet de loi, voté mardi à l’Assemblée nationale, a mobilisé le 9 mars des centaines d’opposants en France, à l’appel du collectif Non à la politique du pilori. Reportage à Paris.
dans l’hebdo N° 1144 Acheter ce numéro

On ne saurait mieux tracer à grands traits la position mortifère et discriminatoire à partir de laquelle le gouvernement mène sa politique migratoire qu’en observant les visages de ceux venus manifester contre le projet de loi sur « l’immigration, l’intégration et la nationalité », discuté à l’Assemblée nationale du 8 au 15 mars. En cette soirée du 9 mars, environ 700 personnes se tapissent dans l’ombre du bâtiment de l’Assemblée. L’indignation est palpable, la colère n’explose pas ; la résignation s’y est substituée. Les vitres du Parlement sont closes. Nul ne veut entendre les revendications des manifestants.
« La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir sur son territoire » , lâchait la veille le nouveau ministre de l’Immigration, Claude Guéant, devant l’hémicycle. « Tout étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d’origine, sauf situations particulières » , continuait le véritable architecte de cette 7e loi sur l’immigration en cinq ans. Concrètement, le