« DSK est plus à droite que Sarkozy »
Pour Christophe Guilluy, la gauche a du pain sur la planche pour retrouver la confiance des catégories populaires, isolées face aux discours lénifiants sur les bienfaits de la mondialisation.
dans l’hebdo N° 1147 Acheter ce numéro
Politis : Que recoupe aujourd’hui le terme « catégories populaires » ?
Christophe Guilluy : Au sens large, ce sont les ouvriers et les employés, qu’ils soient « actifs », chômeurs ou retraités. C’est aussi cette majorité de Français qui se caractérisent par un revenu aux environs de 1 300 euros mensuels, si on prend en compte les travailleurs à temps partiel, et, pour les retraités, une pension médiane de 1 000 euros. Cette France des 1 300 euros s’étend aussi en dessous du seuil de pauvreté.
Existe-t-il toujours une « rupture culturelle » avec la gauche, censée défendre les plus fragiles ?
Le grand problème de cette catégorie, c’est sa place dans la mondialisation libérale. Cela fait vingt ans que l’on observe une profonde précarisation de l’emploi, l’augmentation des travailleurs pauvres, la déflation salariale, l’explosion du budget logement, la détérioration des conditions de travail, les plans sociaux. Et entre-temps rien n’a changé. Un monde ouvert, le brassage des cultures ou la solidarité avec les ouvriers chinois, c’est formidable, nous sommes tous d’accord. Il existe un vrai fond égalitaire jusqu’au plus profond du pays, comme l’a montré Emmanuel Todd. Mais comment protéger les catégories populaires ici,