Fausses promesses, vraies inégalités

La baisse du pouvoir d’achat s’est accentuée depuis la crise financière. Surendettement, pauvreté monétaire, loyers impayés : des associations lancent l’alerte. Contre la vie chère, il faut augmenter les salaires et renforcer les services publics.

Thierry Brun  • 14 avril 2011
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Fausses promesses, vraies inégalités

Vie chère, pouvoir d’achat, consommation des ménages… Voilà le gouvernement à nouveau empêtré dans la flambée des prix. Pas seulement ceux du gaz, de l’électricité et des denrées alimentaires de base. Les prix des loyers et des transports grimpent aussi. Ces dépenses supplémentaires entament lourdement le pouvoir d’achat des ménages, particulièrement celui des plus modestes. Le pouvoir d’achat « a marqué le pas en 2010 » , commente sobrement l’Insee, et cela n’est pas près de s’arrêter, estime l’organisme de statistiques. De quoi jeter une lumière crue sur la politique économique du « Président du pouvoir d’achat ». L’édifice présidentiel, qui repose sur le postulat libéral selon lequel le pouvoir d’achat ne serait qu’une question de hausse des prix et pas des salaires, est en train de vaciller.

Prenons l’exemple des produits alimentaires. La loi de modernisation de l’économie de 2008 devait résoudre le problème des hausses de prix par une concurrence accrue entre enseignes de la grande distribution. Cela n’a eu aucun effet, notamment parce que les matières premières vitales comme le blé sont soumises à des logiques purement marchandes. En ce qui concerne l’énergie, la création d’un marché concurrentiel avec l’opérateur privé GDF Suez n’a pas fait baisser les prix. Bien au contraire, ils ont augmenté de 30 % en deux ans, et GDF Suez a annoncé un bénéfice de 4,6 milliards d’euros pour l’année 2010. Les tarifs de l’électricité, eux, devraient augmenter d’au moins 30 % dans les cinq ans à venir sous l’effet de la récente loi d’organisation du marché de l’électricité.

Pour ne pas nuire à la compétitivité, l’allégement de la taxation du travail et le travail du dimanche devaient « rendre du pouvoir d’achat aux travailleurs » , affirmait Nicolas Sarkozy. Or, on assiste plutôt à un travail de sape sur les salaires… Le chômage atteint un niveau record ; les emplois précaires représentent plus de 12 % de l’emploi total. Et les revenus du travail sont sévèrement entamés par la prise en charge des soins de santé ainsi que par l’allongement des cotisations sociales pour financer les retraites… La forte pression des prix sur le pouvoir d’achat des « travailleurs » révèle les ratés de cette politique de rigueur qui a fait de la baisse du coût du travail la règle.

Publié dans le dossier
La dérive guerrière ?
Temps de lecture : 2 minutes
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