Les nouvelles obligations d’Obama
Pied de nez de l’histoire, ce n’est pas George W. Bush qui a eu la peau d’Oussama Ben Laden, mais un président américain qui, un jour de juin 2009, au Caire, a su trouver les mots justes pour s’adresser aux musulmans du monde entier. L’élimination de Ben Laden ne pourra donc être interprétée comme un épisode du choc des civilisations. Elle n’ira pas enrichir le tableau de chasse de ces néoconservateurs qui avaient fait des attentats du 11 septembre 2001 un effet d’aubaine, et qui représentaient en réalité l’autre face de la même idéologie. Intervenue sous la mandature de George Bush, la capture du fondateur d’Al-Qaïda aurait encore gonflé d’arrogance cette administration qui voulait transformer et soumettre le monde arabo-musulman par le fer et par le feu.
On peut penser, et espérer, que l’exploitation qu’en fera Barack Obama sera plus modeste. Pour lui, c’est avant tout une formidable opération de politique intérieure. Une réponse à une droite qui l’accusait de faiblesse face au terrorisme, et cela, dix-huit mois avant l’élection présidentielle. Mais, paradoxalement, la mort de Ben Laden crée aussi pour Obama et les pays occidentaux d’impérieuses obligations dans leurs rapports avec le monde arabo-musulman. Entre autres devoirs, ils doivent quitter l’Afghanistan sans délai, et imposer un règlement juste du conflit israélo-palestinien. C’est cette suite qui donnera son véritable sens à cette affaire, et ne la réduira pas dans la mémoire du monde à des scènes de liesse en pleine nuit à Times Square et à Ground Zero, là où s’élevaient les tours jumelles
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