Manifestation devant l’Education nationale : « On fait des économies sur le dos des enfants »

Plusieurs centaines de parents d’élèves, enseignants et élus locaux se sont réunis devant le ministère de l’Éducation nationale ce mercredi 18 mai pour protester contre les suppressions massives de postes et réclamer une autre politique éducative. Politis.fr était dans le cortège.

Lucie Girardot  • 18 mai 2011
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Manifestation devant l’Education nationale : « On fait des économies sur le dos des enfants »

«  On est venus manifester contre la fermeture de la classe de Mme Vanhoute !  » s’exclame enthousiaste le petit Ayrton, 11 ans, dont la petite soeur scolarisée en moyenne section de maternelle verra sa classe supprimée à la rentrée prochaine. Cet après-midi, dans le VIIe arrondissement de Paris, les enfants étaient présents aux côtés de leurs parents et de leurs enseignants pour protester contre les coupes sombres qui s’annoncent pour la rentrée prochaine.

Cette manifestation est la dernière d’une série de grèves, de blocages et d’occupations qui agitent les écoles à travers toute la France, depuis que le ministre de l’Éducation Luc Chatel a annoncé la suppression de 9 000 postes d’enseignants et la fermeture de 1 500 classes dans les écoles de maternelle et de primaire pour l’année 2011. Invité de France Inter ce matin, il n’a pas manqué de rappeler qu’il tiendrait bon sur la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Tout en qualifiant de « fuite en avant » les investissements réalisés ces vingt dernières années, « où la seule réponse que nous ayons dans le domaine éducatif a été de créer des postes et d’ouvrir des classes. »

Illustration - Manifestation devant l'Education nationale : « On fait des économies sur le dos des enfants »

Une petite délégation départementale Loir-et-Cher (41), parmi les 95 venues de toute la France, a tenu à être présente pour manifester. Maire de la petite commune rurale de Lancé, Hervet Guy est inquiet. Depuis que l’école du village a perdu une classe de maternelle l’an passé, il craint que les parents d’élèves ne préfèrent inscrire leurs enfants à Vendôme, une ville voisine plus importante. Or, le maintien d’une école de qualité est indispensable pour que la commune ne devienne pas une simple cité-dortoir. « Dans les campagnes, l’école aide beaucoup à faire vivre les villages, relève l’élu. Notre association de parents d’élèves est très active, elle organise des sorties scolaires, des repas avec des bals et aide à collecter du matériel pour l’école. » De son côté, la directrice d’une école de Nouan-sur-Loire, dans le même département, est également bien embêtée : 46 enfants se sont inscrits dans l’unique classe de maternelle pour septembre. « Ce qui nous choque le plus, c’est que l’on fasse des économies sur le dos des enfants », s’indigne son amie, qui s’est jointe à la délégation.

« On est loin du défi de lutter contre les inégalités sociales que notre école doit relever, estime Sébastien Sihr, secrétaire général du Syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et de collèges (SNUipp-FSU). Cela concerne notamment les 15 % d’élèves en difficulté à la fin du CM2, généralement issus des milieux défavorisés. » Car ce sont prioritairement les postes de Rased, ces enseignants itinérants spécialisés dans le soutien aux élèves de primaire en difficulté, qui sont supprimés. «  Ces suppressions permettent aux inspecteurs des académies de faire des cartes scolaires soft pour répondre à la commande gouvernementale » , explique Dominique Pouget, enseignant d’une classe de CM1-CM2 en Corrèze. Le député UMP Gilles Carrez, rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale, estimait lui-même il y a quelques semaines que « la rentrée scolaire 2012 (…) devrait se faire dans des conditions difficiles ». Pas franchement rassurant.

Société
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