André S. Labarthe : « Préférer le miracle »
André S. Labarthe revient sur « Cinéastes de notre temps », collection légendaire de films sur le cinéma, à destination de la télévision.
dans l’hebdo N° 1157 Acheter ce numéro
Buñuel à Tolède, où il a passé sa jeunesse, déclarant tout de go qu’il déteste la ville et que ses rues sont sales ; Fritz Lang interviewé par Godard ; Ford en pyjama sur son lit ne répondant à rien ; Rivette s’entretenant avec Serge Daney… La série « Cinéastes de notre temps », créée par Janine Bazin et André S. Labarthe, constitue non seulement une cartographie sentimentale des grands cinéastes du XXe siècle, mais a aussi montré qu’il était possible de faire du cinéma à la télévision, autrement dit de la grande télévision. Alors que le Centre Pompidou à Paris propose une rétrospective de la collection, André S. Labarthe y consacre un livre passionnant et souvent drôle, la Saga Cinéastes de notre temps, sous-titré « Une histoire du cinéma en 100 films ».
Politis : Comment est né « Cinéastes de notre temps » ?
André S. Labarthe : L’idée est venue de Janine Bazin, la veuve du grand critique André Bazin, mort en 1958. Elle m’a associé à la proposition de collection sur des cinéastes qu’elle a faite à la télévision. C’était du temps de l’ORTF. Il s’agissait de réaliser, avec une caméra, des entretiens avec les cinéastes que nous admirions, comme nous faisions aux Cahiers du cinéma, où j’écrivais depuis plusieurs années. À l’époque, il y avait des émissions formidables sur la peinture, celles