Ceux qui profitent de la sécheresse
L’exceptionnelle sécheresse 2011 provoque déjà des spéculations sur les denrées agricoles. Les plus gros consommateurs d’eau, agriculteurs en tête, rechignent à réduire leurs prélèvements. La remise en cause d’un système gaspilleur d’eau passe au second plan face à l’urgence agricole.
dans l’hebdo N° 1156 Acheter ce numéro

Les quelques orages qui ont humidifié la France depuis dimanche dernier n’y changeront rien : il est déjà trop tard pour échapper aux conséquences d’une sécheresse implacable, fomentée depuis l’hiver dernier et surtout un printemps exceptionnellement chaud et sec. Les nappes phréatiques sont au plus bas. « C’est même pire qu’en 1976 » , se remémorent les agriculteurs, les premiers à tirer la sonnette d’alarme.
Les plus fragilisés sont les éleveurs : il n’y a presque plus d’herbe dans les prairies. Le niveau des réserves de foin, prévues pour l’automne, a déjà sérieusement baissé, réveillant instantanément le réflexe spéculateur. Dans certains départements, la tonne de paille a été proposée à 200 euros – dix fois le prix habituel ! Certains éleveurs ont préféré mener leurs bêtes à l’abattoir.
Plus de 60 départements sont soumis à des limitations de l’usage de l’eau. Le grand public n’en retient souvent que les interdictions touchant les particuliers – remplissage des piscines, lavage des voitures au jet, arrosage des pelouses de