Henri Stoll : «  Il faut draguer les déçus de la politique »

Avant le troisième débat de la primaire écologiste, mercredi à Lille, Politis.fr publie une série d’interviews avec les candidats à l’investiture EELV. Dernier volet, à la suite d’Eva Joly, Nicolas Hulot et Stéphane Lhomme : Henri Stoll, interrogé avant le débat du 9 juin, à Paris.

Xavier Frison  • 14 juin 2011
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Henri Stoll : «  Il faut draguer les déçus de la politique »
© Photo : http://www.henristoll.net

Vous mettez en avant votre expérience d’élu de terrain local [maire de Kaysersberg, Haut-Rhin, depuis 1995]. Vous êtes le seul à pouvoir vous en prévaloir…

J’ai été réélu maire trois fois, ça veut dire que les électeurs de ma commune ne me considèrent pas comme un branquignole. Ils m’ont gardé parce que j’agis concrètement de façon écologique, sociale, tout en tenant la route financièrement.

Pour vous être présenté, vous ne vous êtes pas retrouvé dans un des trois autres candidats à la primaire EELV ?

Ils ne sont pas élus au niveau local. Eva Joly est députée européenne, et je m’en réjouis. Elle sait de quoi elle parle, elle s’engage sur l’Europe. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément, mais je pense que sa place est à Bruxelles. Nous avons assez de talents dans notre mouvement pour concourir à la primaire. Je regrette d’ailleurs que d’autres ne se soient pas positionné, je pense à Cécile Duflot, Yves Cochet, par exemple.

Les débats vont-ils se muscler un peu ?

Il me semble normal que plus on va s’approcher de l’échéance, plus on va être affûté, aiguisé sur les arguments. À Toulouse, j’étais le candidat sympa parce que j’avais sorti deux vannes ; je ne me prends pas au sérieux. Malheureusement, cela projette une image d’un type un peu loufoque. Or, je fais un travail très sérieux, je bosse plus de 90 heures par semaine pour ma commune. C’est un travail acharné, de tous les jours.

Croyez-vous réellement en vos chances ?

Si je n’avais pas derrière moi l’idée que je peux arriver à convaincre qu’il faut arrêter la « peoplisation » de la politique, qu’il faut dégager tous ces gens adeptes du « bling-bling » et qu’il faut aller vers les travailleurs, les gens simples, qui s’intéressent aux autres, alors je ne serais plus là.

Que vous inspire le positionnement de Nicolas Hulot ?

Ce n’est pas le mien. Il pense qu’il vaut mieux aller draguer au centre-droit, moi j’ai un positionnement beaucoup plus à gauche, beaucoup plus radical, plus près de la base. Je pense qu’il faut draguer les déçus de la politique, les abstentionnistes. Il y a là un vrai vivier de gens en souffrance qui ne trouvent personne pour les représenter. L’alternative à l’abstention, ça peut être les écologistes. À condition de proposer à ces gens-là quelqu’un qui leur ressemble.

Stéphane Lhomme, lui, est plutôt dans l’offensive, dans la bagarre…

Stéphane, c’est Stéphane, c’est un militant anti-nucléaire. Moi aussi je viens de là, mes premières actions ont été des actions anti-nucléaires. Dans le militantisme, si tu n’est pas un teigneux, un rentre-dedans, tu plies tes gaules et tu rentres chez toi. Stéphane souhaite que l’on clarifie les choses, il a raison, et il le fait à sa manière.

Vous êtes réservé par rapport à la candidature d’Eva Joly : que lui manque-t-il, d’après vous ?

Je ne saurais pas dire, mais je ne la sens pas pour concourir à l’élection présidentielle. Pour cela, il faut un sacré charisme, répondre du tac au tac, être hyper offensif. Or Eva est beaucoup trop gentille, ça c’est clair.

Politique
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