Terres à louer pour cultiver le profit
dans l’hebdo N° 1155 Acheter ce numéro

C’est dans la vallée du Rift, à quelques kilomètres d’Awasa, dans l’État Oromia, que l’on trouve la plus grande serre d’Éthiopie. Sur plus de 25 hectares, des millions de tomates et de poivrons poussent dans des rangs longs de 500 m. Ici, un millier de jeunes femmes éthiopiennes emballent quotidiennement 50 tonnes de légumes. En vingt-quatre heures, après avoir roulé 200 km jusqu’à Addis-Abeba, ces denrées s’envoleront vers le Moyen-Orient, et on les retrouvera sur les étals des commerces de Dubaï ou d’Abu Dhabi.
Dans les alentours d’Awasa, plus d’un millier d’hectares ont été loués pour cent ans par la Saudi Star Company, propriété du riche businessman saoudien Sheikh Mohammed al-Amoudi. L’impact sur l’environnement est flagrant : « Annuellement, la ferme d’al-Amoudi consomme plus d’eau que 100 000 Éthiopiens », déplore Haile Hirpa, le président de l’Oromia Studies Association. En aval d’Awasa, du fait de l’irrigation, le niveau d’eau des grands lacs Shala et Abiata ne cesse de baisser : la hausse de la salinité a entraîné la quasi-disparition des poissons et, par conséquent, la migration de la plupart des espèces de volatiles.
Mais c’est la province de Gambela, à deux jours de route à l’ouest d’Addis-Abeba, qui est en passe de devenir la cible majeure des investisseurs étrangers. La Saudi Star Company y est déjà installée avec un projet pilote de 10 000 hectares, et
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