Crise du Samu social

Pour cause de coupes budgétaires, le Samu social de Paris est saturé. Ainsi que les hôpitaux qui servaient souvent de « dernier recours ». En ce moment, une quarantaine de personnes est à la rue chaque soir.

Ingrid Merckx  • 21 juillet 2011 abonné·es
Crise du Samu social
© Photo : AFP / Saget

Plus de place au 115. Le Samu social de Paris est totalement saturé. Il héberge 15 000 personnes par jour, dont 1 600 familles, pas une de plus. Actuellement, tous les nouveaux appelants raccrochent sans solution d’hébergement pour la nuit. Près de 40 personnes chaque soir, contraintes de se réfugier dans des squares de la capitale ou, en dernier recours, à l’hôpital.


Cela s’est toujours fait , mais jamais dans ces proportions : « Avant, c’était surtout des personnes isolées qui passaient la nuit dans la salle d’attente des urgences. Maintenant, ce sont des familles, des femmes enceintes avec des enfants en bas âge, explique Laurent Arthur, infirmier au Samu social de Paris (SSP). Parfois, le personnel leur propose un matelas, exceptionnellement un lit. L’accueil dépend énormément des équipes et des personnes... Entre les hôpitaux et le 115, il y a toujours eu une sorte d’accord tacite. Mais, aujourd’hui, ils ne peuvent assumer le nombre de sans-abri qui arrivent. Les urgences sont déjà engorgées et ce n’est pas leur vocation... »

D’ici à la fin de l’été, il pourrait y avoir 15 000 personnes à la rue dans la capitale, selon la mairie, dont des femmes et des enfants.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
Reportage 6 février 2026 abonné·es

À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »

Depuis plus d’une décennie, l’association Da So Vas dénonce des conditions de vie alarmantes sur l’aire d’accueil en bordure de Lille et demande des solutions de relogement. Ce lieu est devenu un symbole du racisme environnemental subi par les gens du voyage.
Par Thomas Lefèvre
La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa