Dominique Blanc : « Être comédienne avec un engagement entier »

Dominique Blanc apparaît au théâtre, au cinéma et à la télévision sans jamais renoncer à son exigence. Une actrice magnifique, à qui les Ciné-rencontres de Prades consacrent une rétrospective.

Christophe Kantcheff  • 14 juillet 2011 abonné·es
Dominique Blanc : « Être comédienne avec un engagement entier »
Ciné-rencontres de Prades , du 15 au 23 juillet, 66500 Prades, 04 68 05 20 47. www.cine-rencontre.org.
© AFP / mainz / getty images

Les Ciné-rencontres de Prades (Pyrénées-Orientales) ont cette année pour invitée une actrice exceptionnelle : Dominique Blanc. À travers une rétrospective confectionnée par ses soins, c’est l’occasion pour elle de s’arrêter sur son parcours en compagnie d’un public pradéen toujours chaleureux et attentif. Aussi marquante au cinéma -- dans Capitaine Achab, de Philippe Ramos ou l’Autre, de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, pour ne citer que quelques films récents --, à la télévision ou au théâtre -- qui l’a vue dans Phèdre, mis en scène par Patrice Chéreau, ne peut oublier la force de son interprétation --, Dominique Blanc a réussi à conquérir une précieuse liberté. Quand nous l’avons rencontrée, elle était de passage à Paris entre deux tournages, l’un à la Réunion, l’autre en Inde, où elle interprète Alexandra David-Néel. Mais c’est à propos de la Douleur, qu’elle joue depuis 2008, un spectacle tiré du texte de Marguerite Duras et mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang, que notre entretien a commencé.



 Politis : Selon vous, la langue de Duras est plus difficile à mémoriser que celle de Racine. Comment expliquez-vous cela ?


Dominique Blanc : Chez Racine, il y a à la fois une grande intelligence de la langue et un sens extrêmement clair. Le travail du comédien consiste à mettre en lumière ce texte qui paraît compliqué mais qui en fait est d’une grande limpidité. La Douleur, de Marguerite Duras, qui au départ est un récit, mais qui contient une dimension extrêmement théâtrale et s’avère être un grand texte tragique, paraît facile à mémoriser, parce que l’écriture est assez quotidienne. En réalité, c’est très sophistiqué, l’architecture est très précise. Les silences sont presque écrits. Vous croyez posséder ce texte, mais il peut vous échapper très vite. Il est sauvage. Il faut un gros travail de mémorisation et remémorisation.
 La Douleur est un immense texte sur l’attente, sur la barbarie, c’est un texte universel. Mon

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Culture
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