« La transmission est un devoir »

La fin des IUFM menace la « culture commune » qui fonde le service public de l’Éducation. Explications de Philippe Meirieu*.

Ingrid Merckx  • 1 septembre 2011 abonné·es

Politis : Depuis quand apprend-on à apprendre ?


Philippe Meirieu : Sans doute depuis toujours. La transmission est consubstantielle de « l’humaine condition », disait Montaigne. Et comment contraindre chaque génération à réinventer l’ensemble des savoirs accumulés dans l’histoire ?


Transmettre ce dont nous avons hérité et ce que nous avons créé est un devoir. Et l’on peut parier que, très tôt, les humains se sont aperçus que la maîtrise d’un savoir ne conférait pas de facto la compétence pour le transmettre. Les Compagnons eux-mêmes, souvent présentés comme les partisans farouches de la transmission par imitation, ont très vite construit la fonction de « tuteur », avec des compétences spécifiques, obéissant aux exigences de la « formation », qui ne sont en rien celles de la « production » : en situation de formation, il faut pouvoir perdre du temps, gâcher du matériel pour s’entraîner, prendre des risques qui ne mettent rien ni personne en danger, formaliser ses acquis, apprendre à les transférer,

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Publié dans le dossier
Les jeunes profs au casse-pipe
Temps de lecture : 5 minutes