Quatre années de dégâts
Emblème du sarkozysme, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux désorganise gravement l’ensemble des services publics depuis 2007. Bilan inquiétant.
dans l’hebdo N° 1166 Acheter ce numéro
École, armée, police, impôts… La Révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en 2007 par Nicolas Sarkozy, n’épargne aucun service. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite a conduit, ces trois dernières années, à la suppression de près de 90 000 postes en France.
À titre d’exemples, le ministère de la Défense se retrouvera amputé de 30 000 postes (sur 320 000) d’ici à la fin de l’année, le ministère des Affaires étrangères perd un tiers de ses effectifs dans certaines ambassades, et le taux de non-remplacement des fonctionnaires dans la Santé est de 109 % [^2]. Ce gigantesque « plan social » devrait s’alourdir avec 100 000 emplois supplémentaires supprimés d’ici à 2013. « À ce rythme-là, dès mi-2012, l’État aura le même nombre d’agents qu’en 1990 », se félicite le gouvernement, fier de ce « tournant historique ».
En fait, la RGPP s’apparente à un grand gâchis. Les économies ont souvent été réalisées à l’aveugle : seul 264 millions [^3] ont été économisés en 2010. Pis, la masse salariale a continué d’augmenter du fait de la promesse du chef de l’État de rétrocéder la moitié des économies réalisées aux agents restant en poste : appliquée de manière très inégalitaire selon les secteurs, cette règle aurait coûté plus que prévu (700 millions d’euros en 2009).
La dégradation en cascade des services publics est en revanche certaine. Quand la police peine à remplir ses missions, toute la justice est ralentie. Quand l’État se retire de ses prérogatives sociales, c’est aux départements, déjà exsangues, de lutter contre la pauvreté, et à l’hôpital de se transformer en charité !
Conséquences terribles pour les usagers tandis que les personnels, en proie à des réorganisations constantes et non concertées, sont fragilisés. Mi-juillet, les syndicats (CFDT, CGT, FO) du ministère des Finances réclamaient « l’arrêt immédiat » des suppressions d’emplois dans leur administration, faisant état d’une recrudescence de tentatives de suicide.
Même scénario à l’Office national des forêts, qui a
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