Et le plus Montebourg-compatible est...

Le report des voix d'Arnaud Montebourg, troisième du premier tour de la primaire socialiste, fera basculer la balance dimanche prochain. « Aubryistes » et « Hollandais » devront donner des gages aux électeurs du candidat « de la démondialisation ».

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Au terme d'une campagne virulente et audacieuse, pour le contrôle de la finance et la « démondialisation » de l'économie, Arnaud Montebourg a réussit son pari en rassemblant la gauche du parti socialiste. Avec 17 % des voix, il a même siphonné les rangs de Ségolène Royal et gagné le droit d'arbitrer le second tour de la primaire socialiste. François Hollande et Martine Aubry, séparés de 8 points seulement, devront draguer, habilement mais sûrement, l'électorat du chantre de la « démondialisation ».

« Pas question de nous lancer dans une pêche aux électeurs d'Arnaud, de faire de la danse du ventre , tranche d’emblée Vincent Peillon, un proche de François Hollande qui a animé le Nouveau parti socialiste (NPS) aux côtés d'Arnaud Montebourg entre 2002 et 2005. Je crois qu'il ne faut rien faire et rester cohérent. Les électeurs d'Arnaud ne sont pas les électeurs d'Hollande. »

Un changement de cap à gauche serait périlleux pour le clan de François Hollande qui doit avant tout rassembler le noyau « social démocrate » du Parti. Pour conforter leur menu avantage, les « Hollandais » devront toutefois « souligner certains aspects » , « insister sur des éléments de langage » pour se défaire d'une image de « gauche gestionnaire » , analyse Vincent Peillon.

Sur le fond, Martine Aubry aura moins de mal à se poser en digne héritière des voix de Montebourg. Benoît Hamon, qui a longtemps incarné la gauche du PS, a rejoint son entourage proche quelques mois avant la primaire.

Finance et « démondialisation »

Le clan Aubry devrait insister sur une notion proche de la « démondialisation » : « Le " juste échange ", qui se traduit par une protection à l'échelle de l’Europe , explique Razzy Hammadi, un proche de Martine Aubry. On se rejoint sur ce point, car y compris pour Arnaud [Montebourg], la question du protectionnisme n'as jamais été imaginée pour la France. »

Les « Hollandais » tenteront de leur côté d'être « plus clairs sur la régulation et le protectionnisme européen au sens ou l'entend Arnaud » , sans pour autant épouser sa virulence. « N'oublions pas qu'il faut battre la droite en 2012, on ne peut pas dire totalement n'importe quoi , tranche Vincent Peillon. Arnaud n'a pas fait campagne comme quelqu'un qui peut devenir président de la République, ça lui laissait plus de liberté. » Quant à la « démondialisation », « c'est un concept inacceptable , estime le proche de François Hollande. Il y a un vent mauvais de montée des nationalismes, il serait dangereux d'y céder. »

Les deux camps revendiquent également les solutions mises en avant par Arnaud Montebourg pour l'encadrement de la finance : « Elles font partie du programme du Parti socialiste » , explique Vincent Peillon. « Notre position est celle du parti , répond également Razzy Hammadi. Nous sommes notamment en faveur de la participation de l'État dans les conseils d'administration des banques. »

Montebourg fera-t-il pencher le PS à gauche ?

Les 17 % d'Arnaud Montebourg, renforcés par le succès de la mobilisation aux primaires (2,5 millions de votants), devraient influer les débats à venir au sein du parti socialiste. C'est le souhait des proches de Martine Aubry, qui entretient une image plus à gauche que son camarade-rival François Hollande. « Le vote Montebourg traduit une aspiration clairement encrée à gauche , analyse Razzy Hammadi. Ceci ajouté au discours de Martine Aubry, nous distinguons une réorientation assez claire du parti socialiste sur la gauche. »

« Le succès d'Arnaud oblige à entendre des choses, mais ça ne doit pas remettre en question la ligne d'Hollande » , estime en revanche Vincent Peillon : « Aujourd'hui , [lundi 10 octobre], c'est la journée d'Arnaud [Montebourg], tous le monde est tourné vers lui, mais jeudi ce sera terminé. »

En attendant une hypothétique déclaration d'Arnaud Montebourg, « un proche » concédait ce matin dans Libération ses difficultés à distinguer les deux candidats sur le fond : « On ne voit pas leurs différences, on ne croit pas à la farce d’un candidat plus à gauche et d’un candidat plus centriste. Dans l’immédiat, on est incapables de faire un choix. »

Illustration - Et le plus Montebourg-compatible est...

Source : lesprimairescitoyennes.fr


Photos : AFP (montage)

Haut de page

Voir aussi

Articles récents