Dossier : Comment sauver l'hôpital ?

Sauver l’hosto !

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Cœur d’un système de santé longtemps réputé le meilleur du monde, l’hôpital français ne va pas bien. Qui n’a pas attendu des heures dans des urgences sinistres, été témoin d’un défaut d’accueil, d’attention, de prise en charge, connu quelqu’un qui avait contracté une infection au cours d’une hospitalisation, ou rencontré un soignant au bord de la crise de nerfs ?
Certes, les hôpitaux continuent à soigner – et à bien soigner. Les exemples ne manquent pas. Mais les conditions d’exercice se sont tendues, comme en témoigne une enquête sur l’exercice médical que vient de réaliser le ministère de la Santé auprès de 2 000 salariés de 305 établissements publics : 72 % évoquent un « malaise psychique   ».

Une expertise menée par les médecins du travail du CHU de Nantes (le Monde, 8 octobre) révèle que « les signes de souffrance observés chez le personnel ne cessent d’augmenter, tous grades confondus ».

En cause, la surcharge, le rythme et la dégradation des conditions de travail. Résultat : irritabilité, agressivité, anxiété, épuisement, troubles du sommeil et digestifs, tachycardie…

Si l’hôpital de Nantes frise le burn-out, c’est parce qu’il a été soumis à un traitement de choc découlant des récentes politiques de santé, et qui associe réductions d’effectifs et augmentation des actes médicaux. Sans surprise, quand les soignants perdent pied, la qualité des soins s’en ressent rapidement.

Même l’étude du ministère en convient : « Disons-le, à l’hôpital, la qualité est parfois imprévisible, trop souvent dépendante, d’un étage à l’autre, des “sherpas” qui évitent les ruptures et les manques. » L’hôpital tient encore le coup, mais pour combien de temps ?


Photo : AFP / Saget

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