Notre-Dame-des-Landes : une victoire pour les « anti »

Une étude d'un cabinet indépendant publiée en octobre donne de l’eau au moulin des élus et citoyens engagés contre la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à coté de Nantes.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Jean-Marc Ayrault a dû s’étrangler à la lecture du rapport. On le comprend : l’étude sonne comme un désaveu de toute la ligne du maire PS de Nantes qui porte, contre vents et marées – et certains élus et citoyens –, la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

En tout, 50 pages (cliquez sur l'image ci-contre pour télécharger le document) produites par CE Delft, un cabinet indépendant néerlandais qui a travaillé, entre autres, pour la Direction de l’environnement de la commission européenne ou le Département du transport britanniques -. Les conclusions de l’étude, financées par le CEDPA (Collectif des élus qui doutent de la pertinence du projet), sont limpides : contrairement à l’estimation de l’impact économique réalisée pour l’Etat en 2006, la construction du nouvel aéroport coûterait plus cher que la réhabilitation de l’ancien aéroport de Nantes-Atlantique, qui suffirait en réalité largement à couvrir les besoins des populations : « L’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes » .

CE Delft pointe par ailleurs des omissions dans le calcul des dépenses dans l’étude de l’Etat, laquelle aurait par exemple surestimé le nombre de passagers potentiels mais sous-évalué les « coûts du bruit » ou l’impact sur les terres agricoles. « Le rapport de l’Etat était pipeauté , estime Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Atlantique. Il faut se remettre autour d’une table et abroger la déclaration d’utilité publique du projet » .

Sauf que « l’affaire » Notre-Dame-des-Landes est, à l’instar de l’EPR de Flamanville, au centre d’un bras de fer entre le PS et les écologistes pour la prochaine présidentielle. Si la construction du nouvel aéroport s’avère inutile et coûteuse, le dossier, éminemment politique, est lui bien loin d’être clos.


Photo : http://acipa.free.fr/Photos/photos.htm

Haut de page

Voir aussi

Articles récents