Didier Fassin : la guerre invisible en banlieue

Didier Fassin a fait œuvre d’ethnographe en suivant durant quinze mois les patrouilles d’une brigade anti-criminalité.

Olivier Doubre  • 1 décembre 2011 abonné·es

À côté d’un sentiment récurrent d’indignation devant les pratiques scandaleuses, volontiers violentes et racistes, des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) qu’a suivis Didier Fassin, on a aussi, à la lecture de son livre, l’impression étrange qu’il ne se passe quasiment rien de grave en banlieue. Du moins dans les quartiers qu’il a fréquentés. Point de fusillades, point de dealers contrôlant une partie de territoire, point de « zones de non-droit » où la police n’ose pénétrer. Très rares sont les affrontements entre jeunes de banlieue et les policiers ; rares sont les « caillassages » de patrouilles en bas des tours des cités.

Quasiment aucune des représentations habituelles – ou télévisuelles – des quartiers dits « sensibles » n’apparaît dans cette remarquable « anthropologie de la police des quartiers » que publie aujourd’hui Didier Fassin, enseignant en sciences sociales au prestigieux Institute for Advanced Study

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