Durban avalise le réchauffement
La conférence mondiale n’a évité l’échec total qu’en s’engageant sur un possible accord… pour 2020. Le géopolitologue Emmanuel Guérin souligne toutefois l’influence grandissante des pays émergents.
dans l’hebdo N° 1181 Acheter ce numéro
Au prix d’une prolongation historique de 36 heures, les délégués des quelque deux cents pays représentés à la conférence climatique de Durban (Afrique du Sud, 28 novembre-10 décembre) ont à peine sauvé les meubles après avoir frôlé le gouffre.
Les pays les moins avancés ont obtenu la prolongation après 2012 (et jusqu’en 2017) du protocole de Kyoto de réduction des émissions de gaz à effet de serre, seul instrument international contraignant, et qui concerne les pays industrialisés, pollueurs historiques. Mais, en l’absence du Canada, de la Russie et du Japon, ainsi que des États-Unis (sortis du protocole en 2001), les pays qui ont consenti à cette « avancée » (dont l’Union européenne) ne comptent plus que pour 15 % des émissions planétaires[^2].
En échange, Durban a accepté de travailler à l’élaboration « d’un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale » , à signer en 2015. Il engagerait cette fois-ci – à partir de 2020 – l’ensemble de la communauté internationale. Mais rien n’est défini au-delà de cette formulation molle, dont les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil…), premiers concernés par cette « concession », ont soupesé la moindre virgule.
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