À flux détendu

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Et sur la culture, qu’est-ce qu’il dit, François Hollande ? À l’écouter lors de son meeting au Bourget, dimanche, pas grand-chose, même rien. C’est le 19 janvier qu’il en a parlé, aux Biennales internationales du spectacle à Nantes. Un discours pas transcendant, mais sérieux, témoignant que le candidat, réputé peu sensible aux questions culturelles, avait travaillé la question.

Un point focalisait l’attention : Hadopi. François Hollande annoncerait-il clairement son abrogation ? Ou userait-il d’expressions plus floues, comme il l’avait fait jusqu’ici ? Le candidat du PS, finalement, s’est prononcé pour sa « suppression » . Bien lui en a pris. Au moins pour deux raisons.
D’abord parce que, dès le lendemain, il aurait perdu la face devant les révélations sur le réseau MegaUpload, fermé par le FBI, et ses créateurs. Ces derniers sont la énième preuve que la prohibition déclenche systématiquement des pratiques de marché noir. En outre, avec des moyens illégaux et au bénéfice de leurs seules personnes, mais en proposant une offre culturelle très élargie, ces escrocs du numérique ont démontré qu’une solution de rétribution des créateurs est possible, puisque MegaUpload dégageait des dizaines de milliers de dollars de bénéfices grâce aux abonnements à tarifs peu élevés acquittés par ses clients internautes.

Seconde raison : ceux du milieu culturel qui ont réclamé à cor et à cri le maintien d’Hadopi ne sont pas forcément les plus intransigeants en matière de diversité culturelle. Ou, pour le dire plus crûment, ils ne sont pas gênés de faire alliance avec le patron de Gaumont, Nicolas Seydoux, ou celui d’Universal Music France, Pascal Nègre. Ce sont, par exemple, les représentants de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) ou la société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP). Il n’y a pas de hasard.


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