Eva Joly avec les Grecs, contre le pacte de stabilité

De retour d'un voyage en Grèce, la candidate écologiste a plaidé, lundi 20 février, pour une solution européenne à la crise de la dette et un « pacte européen de solidarité » à contre-pied du pacte de stabilité examiné demain à l'Assemblée.

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Illustration - Eva Joly avec les Grecs, contre le pacte de stabilité

Une semaine après le vote par le Parlement grec d'un nouveau plan d'austérité , Eva Joly rentrait lundi 20 février d'un voyage de soutien au peuple grec. « Ce que j'ai vu en Grèce est inacceptable » , lance la candidate écologiste depuis son QG de campagne du Xe arrondissement de Paris, où elle a réuni une poignée de journalistes. « Chez les mères de famille qui ont subi une baisse de 22 % de leurs salaires; pour les jeunes, dont la moitié est au chômage : il y a chez les Grecs un sentiment de désespoir et une révolte profonde. Ils craignent aujourd'hui les dérives autoritaires. »

La candidate EELV a souhaité prendre le contre-pied des mesures d'austérité « injustes » qui s'appliquent déjà selon elle à la France, avec le gel des recrutements de fonctionnaires, la hausse de la TVA et de l'âge légal de départ à la retraite. « C'est un remède qui se transforme en poison (..) et entraîne toute l’Europe dans une spirale de la récession », estime-t-elle.

« Dire non au FMI »

Eva Joly, le 18 février à Athènes - Louisa Gouliamaki / AFPPour l'eurodéputée, l'Europe doit au contraire investir dans une politique de « relance écologique » de l'activité. La candidate prend aussi en exemple l'Islande, où elle a officié comme conseillère spéciale du gouvernement en 2009 : « Les Islandais ont dit non aux exigences du FMI, au renflouement des banques et ils connaissent aujourd'hui une croissance de 2,5 % » , défend-t-elle. L'Europe, qui « se transforme en menace » doit aussi, pour la candidate, porter des solutions nouvelles. « Nous devons créer un mécanisme de solidarité pour stopper l'hémorragie qui se répand en Espagne, en Italie et demain à la France » , soutient-elle .

Cette visite en Grèce intervient à la veille de l’examen, à l'Assemblée nationale, du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui créé un fonds capable de prêter aux États de la zone euro en difficulté. Ce fonds, empruntant directement sur les marchés, doit garantir aux pays en difficulté des taux d'intérêt faibles grâce à la bonne santé de leurs partenaires européens. Les opposants dénoncent la logique de ce dispositif, qui ne permet pas de rompre avec les politiques d'austérité que les marchés exigent.

« Le MES ne nous permet pas de sortir de la crise. Il est lié à une potion amère, inacceptable, qui nous pousse dans l'impasse. Nous souhaitons donc ne pas prendre part à ce vote qui est un vrai piège », a expliqué la candidate EELV.

Du côté du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon axe depuis plusieurs jours sa campagne contre ce texte. Il a maintes fois exhorté les députés à faire connaître leurs positions, ciblant clairement les socialistes qu'il souhaite voir, en cas de vote de ce texte, « rendre des comptes au peuple français » . Eva Joly n'as pas souhaité prendre son sillage, se contentant d'expliquer que les élus écologistes ne prendront pas part au vote : « Nous ne sommes pas responsables de la position des élus socialistes » .


Eva Joly sera l'invitée de l'émission « Paroles de candidat », ce lundi 20 février sur TF1 à partir de 22h.



Photo : AFP / Bertrand Guay

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