Occupants d’une terre

« My Land », de Nabil Ayouch, documentaire subtil sur le conflit israélo-palestinien.

Christophe Kantcheff  • 9 février 2012 abonné·es

Avec My Land , le cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch met à mal les certitudes et les modes de représentation habituels sur le conflit ­israélo-palestinien.

Contrairement à d’autres, Ayouch ne défend pas une cause même s’il ne cache pas l’orientation de son regard, ni n’entonne l’air consensuel de la réconciliation à tout prix. Il s’inscrit plutôt dans le prolongement d’une démarche personnelle, celle d’un homme parvenu à dépasser une position strictement passionnelle vis-à-vis d’Israël et des injustices commises envers le peuple palestinien, en un désir de voir sur place, de se confronter à la situation dans toutes ses nuances.

My Land est fondé sur une belle idée de cinéma, qui a consisté à filmer les témoignages de vieux Palestiniens réfugiés au Liban depuis qu’ils ont été chassés de leurs terres par l’armée sioniste en 1948, et de les faire entendre à de jeunes Israéliens qui vivent aujourd’hui sur ces mêmes terres, dont la plupart sont dans le déni des circonstances tragiques qui ont présidé à la création de leur pays.

Ces images agissent sur eux comme un retour du refoulé. L’intensité de leurs réactions atteste d’un malaise diffus autant que de leur attachement indéfectible au lieu où leur vie se déploie. My Land concentre toute la complexité politique et psychologique de ce conflit. Ce n’est pas la moindre de ses qualités.

Cinéma
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