À flux détendu

Christophe Kantcheff  • 22 mars 2012
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Michel Butel est un aventurier de la presse. Non pas un bâtisseur d’empire, un magnat à la Citizen Kane, mais un artisan de grands chemins, un créateur de canards sans pareil. Son petit dernier : l’Impossible. Un titre que Michel Butel explicite ainsi : « Nous lui avons donné le nom du temps qui vient. » Pas plus d’explications. Ou plutôt, si : le reste de ce premier numéro, daté de mars 2012, doit donner à voir et à comprendre de quel « impossible » il s’agit, de quelle nature est le « temps qui vient » . À le lire, il semblerait que celui-ci soit plus fécond que stérile.

Ce journal a aussi un sous-titre : « L’autre journal » . L’Autre Journal ? Le chef-d’œuvre de Michel Butel. De 1984 à 1992, une invention de chaque instant – ou plus exactement de chaque semaine (après avoir été mensuel) – avec ses hauts géniaux et ses bas trop branchés. Les éditions des Arènes en publient ces jours-ci une anthologie (400 p., 29 euros).

Tout en choisissant ce sous-titre, Michel Butel souhaite que l’Impossible ne soit pas lu comme la suite de l’ « autre » , comme son descendant direct. Et pourtant. Sans doute plus sobre esthétiquement – même si les polices typographiques continuent à rigoler –, on retrouve là un journal sans journalistes, avec des intellectuels, des artistes, des écrivains. Plusieurs étaient de la partie précédente. Le rapport à l’actualité est aussi des plus libres, et les sujets futiles n’existent pas. Exemples. Sélim Nassib rencontre au Caire Asmaa El-Ghoul, écrivaine palestinienne de Gaza obligée de s’exiler pour s’être opposée à son oncle, un responsable du Hamas au pouvoir. Tandis que Jean-Christophe Bailly révèle à Paris l’existence du Pavillon de l’eau, avenue de Versailles. Le monde qui va est partout. L’Impossible veut en rendre compte.

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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